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La langue roumaine

La formation du peuple roumain et de sa langue est semblable à la formation des autres peuples et langues néo-latines. Dans ce processus on trouve d'abord un élément autochtone : le Gaulois chez les Français, le Celtibère chez les Espagnols et les Portugais, le Dace chez les Roumains. Il y ensuite la romanisation de cet élément autochtone à la suite de la conquête romaine de la Gaule, de la Péninsule Ibérique et de la Dacia.

Les Géto-Daces sont la branche nordique des Thraces, qui habitaient la Péninsule Balkanique. Une économie florissante basée sur la culture des céréales, de la vigne et des plantes textiles, l'extraction des minerais, le travail de la pierre pour constructions, l'élevage, le travail du bois, le commerce avec les colonies grecques de la Mer Noire, a permis une évolution rapide de l' Etat dace qui occupait en plus grand ce qu'est l'actuel territoire de la Roumanie et de la République de Moldavie. Il était dirigé par un roi qui avait pour principal conseiller le Grand Prêtre.

Trois rois ont marqué l'histoire de la Dacia : Dromichaites (IIIé siècle av.J.C.), vainqueur du roi macédonien Lysimaque, Burebista (70 - 44 av.J.C.), contemporain de César qui réussit à unifier tous les Daces, Décébale (87-106 après J.C.) qui après des victoires sur les Romains, fint par être vaincu par Trajan.
Un tour des citadelles daces et des castres romains de Roumanie, dont les vestiges sont présents surtout dans les départements de Hunedoara, Vâlcea, Sibiu, Constanta, vous fera mieux connaître cette partie de l'histoire du peuple roumain.

Greffé sur la langue thraco-dace, le latin qui allait devenir la langue roumaine, a incorporé certains éléments de la langue des autochtones; Il est difficile de déceler à coup sûr ces éléments à cause du manque de sources écrites en langue thraco-dace (d'ailleurs, il en va de même pour les langues gauloise et ibérique). Le critère généralement admis pour déterminer l'appartenance au substratum thraco-dace de certains mots roumains est la comparaison avec la langue albanaise, la seule héritière directe de la langue parlée par les Thraces. Pour notre site touristique on a retenu quelques toponymes d'origine dace: Dunârea, Arges, Mures, Prut (noms de rivières) et Carpaţi (les Carpates).
On attribue à l'influence thrace sur la latin parlé en Dacia, l'évolution de la voyelle a vers ă ( lingua - limbă; aqua - apă) l'évolution de la consonne s en ş (sic - şi; septem - şapte), la post-position de l'article défini (om - omul : homme - l'homme), la persistance du neutre dans le roumain.

Le fond lexical latin de la langue roumaine comprend 2000 éléments de base (sans compter les dérivés), c'est-à-dire autant que le nombre de mots hérités directement du latin par les autres langues romanes. Les mots roumains hérités du latin représentent depuis toujours dans le roumain, le noyau de base du vocabulaire.

Langue néo-latine par sa structure grammaticale et sont vocabulaire fondamental, le roumain a assimilé un nombre assez important de mots allogènes. Ajoutons à cela sont "isolement" par rapport aux autre peuples latins ( la Roumanie est entourée de peuples porteurs d'autres langues et civilisations) et le fait que le roumain n'a pas connu l'influence du latin classique utilisé par l'église catholique comme langue de culte.

Par contre, la majorité des textes roumains étaient transcrits au Moyen Age dans l'alphabet cyrillique. Une contre-réaction à cette situation se produit vers la fin du XVIIIe siècle grâce à des mouvements identitaires, animés surtout par des intellectuels et des prélats, dont le plus connu est "Scoala Ardeleana" . En 1993 encore, l'Académie Roumaine impose de représenter le son [î] par â à l'intérieur des mots et par î au début et à la fin des mots. C'est encore une réaction identitaire roumaine contre une décision imposée après l'entrée de la Roumanie dans la sphère d'influence soviétique. A l'époque, la graphie en â semblait être trop osée pour rappeler l'origine latine des mots, l'usage de la lettre î, convenant mieux .

Voici la composition actuelle du vocabulaire roumain, selon l'origine des mots : 20% de mots hérités du latin ( proportion similaire dans toutes les autres langues néo-latines), 38,4% au français, 14% d'emprunts aux langues slaves (ancien slavon, le bulgare, le serbo-croate, le russe, l'ukrainien), 3,7% au turc, 2,4% au grec, 2,3% à l'allemand, 2,4% au latin classique 1,7% à l'italien et autres influences moins importantes. Donc 63% de mots venus directement ou indirectement du latin.

Le roumain est parlé actuellement par les 23.000.000 habitants de la Roumanie, 3.000.000 personnes en République de Moldavie (env.70% de la population du deuxième Etat roumain de l'Europe), et env.9.000.000 roumains vivant dans les pays voisins et sur d'autres continents.

Pour ceux qui veulent apprendre le roumain, une excellente méthode est parue aux éditions Teora de Bucarest : " Comprendre et pratiquer le roumain" , 456 pages, auteurs Gheroghe Doca et Alvaro Rocchetti . Elle est destinée aux francophones, avec donc un texte explicatif en français : l'essentiel de la grammaire roumaine, le vocabulaire usuel, les expressions et les structures de communication du roumain . Cette méthode est disponible aussi à notre siège de Bruxelles.
Une aure méthode : "Le roumain avec ou sans professeur", de Liana Pop, collection STUDIUM, éditon Echinox est également destinée aux francophones et est accompagnée de cassettes audio.
En fonction du nombre d'étudiants, des cours du soir de roumain sont organisés à l'APELM dans les locaux de l'ISTI à Bruxelles.